L’AMOUR DE YAHVE POUR SON PEUPLE 
( Osée 11, 1-4 )
Quand Israël était enfant, le l’aimai,  
et de l’Égypte j’appelai mon fils. 
Mais plus je les appelais, plus ils s’écartaient de moi ; 
ils ont sacrifié aux Baals 
et fait fumer des offrandes devant les idoles... 
Moi, pourtant, j’apprenais à marcher à Ephraïm, 
je les prenais dans mes bras; 
et ils n’ont pas compris que je prenais soin d’eux ! 
Je les menais avec des douces attaches, 
avec des liens d’amour ; 
j’étais pour eux comme celui qui élève un nourrisson tout contre sa joue, 
je me penchais sur lui et lui donnais à manger.
Combien tu nous aimes ! 
Et Tu as une patience à toute épreuve, 
comme le papa du petit enfant ! 
Je comprends pourquoi Jésus n’avait pas peur 
de t’appeler «Abba». 
 
L’image que donne de Toi, ici, le prophète,  
est très éloignée de celle du livre de l’Exode : 
les éclairs du Sinaï sont éteints, 
les bruits du tonnerre se sont tus ; 
les imprécations de ce même prophète 
et des autres... 
ont fait place à la douceur du miel  
et à la délicatesse de la joue. 
 
Elles reprendront très bientôt 
sitôt après ce passage, 
mais dans ce contexte 
je comprends que c’est pour montrer combien tu souffres 
quand on se détourne de Toi. 
 
Cet anthropomorphisme me parle.  
Osée sait employer les mots justes 
pour me rappeler combien Tu es loin, 
au fond de Toi, 
du dieu puissant, redoutable et vengeur 
qu’on a voulu parfois me présenter. 
 
Bien sûr, quand je me lève la nuit à la campagne,  
pour regarder les étoiles, 
et que j’imagine l’immensité de l’univers, Ton œuvre, 
je ne peux m’empêcher de réaliser  
combien Tu es grand 
à côté de ma petitesse, 
combien Tu es fort 
à côté de ma fragile nature, 
combien Tu es tout autre 
comparé à mon humaine existence... 
 
Mais simultanément j’éprouve aussi une envie : 
être ce nourrisson que tu choies, 
être ce fils que tu appelles toujours 
même si je ne suis pas esclave en Égypte. 
Alors je n’ai pas peur, comme Jésus, de t’appeler Papa. 
Je tente même de te regarder dans les yeux 
comme si nous étions des égaux. 
 
Je conserve la distance du respect 
car j’ai bien conscience de l’échelle dans laquelle je me situe, 
mais c’est dans une immense confiance 
et dans le climat d’une profonde affection 
que j’ose m’approcher de Toi 
pour me confier, 
pour Te parler, 
pour Te prier. 
 
Assis sur ma terrasse,  
je vois la nuit devant moi 
et la splendeur de Ta création. 
Cela m’aide à me concentrer, 
à faire silence en moi, 
pour me laisser imprégner de Ta présence 
tout autour et en moi : 
« Car c’est Toi qui donnes la vie » ( Néh 9, 6 ). 
 
Si je parviens à me taire 
alors je peux Te contempler 
sans rien demander d’autre 
et me laisser prendre par Toi 
« dans tes bras » « tout contre ta joue »
 
Ensuite, très souvent, tout naturellement, 
je pense à mes frères, 
surtout à ceux qui sont dans la peine  
et dans la souffrance. 
Je ne Te fais aucune demande pour eux 
car je sais bien que tu t’en soucies, 
beaucoup plus que moi. 
Je me contente de réfléchir devant Toi 
sur ce que je pourrais faire 
pour les soulager et les accompagner 
quand c’est possible. 
 
Eux aussi sont tes enfants que tu chéris. 
A cause de ce qu’ils endurent 
ils ne s’en rendent pas toujours compte; 
parfois même ils sont dans la révolte,  
ou pire, dans l’abattement du découragement. 
Alors je te parle à leur place. 
Cela me mets à leur diapason 
et m’aide à les comprendre  
pour mieux les accueillir et échanger 
lorsque je les rencontre. 
 
C’est dur la vie... 
Tu nous donnes l’existence 
mais c’est à nous qu’il revient de la conduire. 
Nous avons pour tâche 
de « servir et garder le jardin » ( Gen 2, 15 )
Mais dans celui-ci il n’y a pas que des fleurs : 
il s’y trouve aussi des épines,  
même sur les roses : 
c’est un grand mystère... 
 
On a besoin de Toi 
comme des enfants 
pour nous protéger et nous défendre 
surtout spirituellement. 
Ne nous laisse pas sacrifier aux Baals, 
montre nous l’inanité des idoles d’aujourd’hui, 
pour que nous puissions nous tenir droits 
et ne lâcher la main de personne, 
pas plus la Tienne que celle de nos frères. 
 
D’avance : Deo gratias...